Japon : le gouvernement libère massivement ses réserves de riz pour calmer la flambée des prix

Des prix du riz qui s’envolent au Japon

Face à une hausse historique des prix du riz dans l’archipel, le gouvernement japonais a décidé de puiser massivement dans ses réserves stratégiques pour tenter de stabiliser le marché. C’est ce qu’a annoncé le 9 avril 2025 le ministre de l’Agriculture, Taku Eto, lors d’une conférence de presse.

Le riz, aliment de base au Japon, a vu son prix presque doubler en un an, atteignant la semaine dernière environ 4 206 yens (26,20 euros) pour cinq kilos, soit une augmentation de 104,5 % par rapport à 2024.

Une libération progressive des stocks jusqu’à l’été

Pour contenir cette envolée, le Japon prévoit de continuer à mettre aux enchères ses stocks de riz chaque mois jusqu’en juillet, période où la nouvelle récolte de riz arrivera sur les étals.

Depuis le début de l’opération, 210 000 tonnes de riz ont déjà été mises sur le marché. Une nouvelle vente importante de 100 000 tonnes est prévue la semaine du 21 avril 2025.

Cette situation est inédite : c’est la première fois depuis la création de cette réserve en 1995 que le gouvernement japonais la mobilise à ce niveau.

Les raisons de la crise : pénurie, spéculation et catastrophes naturelles

Plusieurs facteurs expliquent cette flambée des prix :

• Une mauvaise récolte en 2023, aggravée par les fortes chaleurs.

• Une hausse soudaine de la demande à la suite d’un avertissement au “mégaséisme” en août dernier, provoquant des achats de précaution massifs.

• Des comportements spéculatifs de certains distributeurs, qui ont retardé la mise en vente de leurs stocks pour augmenter leurs marges.

Le Japon veut aussi booster ses exportations de riz

Parallèlement, le gouvernement japonais poursuit un autre objectif : multiplier par huit ses exportations de riz d’ici 2030, pour atteindre 350 000 tonnes par an. Une stratégie qui vise à rendre la riziculture japonaise plus compétitive, dans un contexte de vieillissement de la population et de baisse de la consommation de riz dans les foyers.

En 60 ans, la consommation de riz au Japon a été divisée par deux, au profit d’aliments comme le pain ou les nouilles.

Une tension commerciale avec les États-Unis en toile de fond

Ce dossier du riz est également devenu un point de friction commercial avec les États-Unis. Washington a récemment instauré des droits de douane de 24 % sur les produits japonais, en dénonçant une taxe japonaise jugée excessive de 700 % sur le riz américain — un chiffre contesté par Tokyo.

Le riz japonais est ainsi devenu un symbole d’enjeux bien plus larges, à la croisée des questions économiques, agricoles et diplomatiques.