Tokyo dans la tourmente économique
Le Japon traverse une zone de turbulences économiques. Ce vendredi 4 avril 2025, la Bourse de Tokyo a décroché de plus de 3 %, sous l’effet d’une crise commerciale grandissante entre le Japon et les États-Unis. Les marchés réagissent brutalement à l’imposition par Washington de nouveaux droits de douane de 24 % sur les produits japonais.
Vers 03h35 heure locale, l’indice phare Nikkei chutait de 3,23 %, tombant à 33 611 points. L’indice élargi Topix plongeait quant à lui de 4,11 %, atteignant 2 462 points.
Une « crise nationale » selon le Premier ministre japonais
Le Premier ministre Shigeru Ishiba a qualifié la situation de « crise nationale », soulignant que l’économie japonaise reste très dépendante de ses exportations vers les États-Unis, qui représentaient près de 20 % des exportations totales du Japon en 2024.
Il a demandé à ses ministres, dès jeudi, de “prendre toutes les mesures nécessaires”, y compris un soutien financier d’urgence, pour protéger les industries stratégiques et préserver les emplois.
Aucune exemption obtenue, malgré des liens économiques solides
Malgré le fait que le Japon soit le premier investisseur étranger direct aux États-Unis, le gouvernement japonais n’a pas réussi à obtenir d’exemption aux hausses tarifaires décidées par l’administration américaine. Ces droits de douane visent tous azimuts, dans un contexte de tensions commerciales mondiales ravivées par les mesures protectionnistes de l’administration Trump.
Le porte-parole du gouvernement, Yoshimasa Hayashi, a confirmé que le Japon examinait actuellement plusieurs scénarios de riposte ou de compensation, notamment dans les secteurs de l’automobile, de l’électronique et de la sidérurgie.
Des répercussions à l’échelle mondiale ?
Cette décision américaine s’inscrit dans une tendance plus large : l’Union européenne a également menacé de répliquer à certaines taxes numériques américaines. L’économie mondiale semble donc entrer dans une nouvelle phase de tensions commerciales, avec des conséquences qui pourraient rapidement dépasser les frontières nippones.
Pour le Japon, la priorité est désormais de limiter les dégâts sur son industrie exportatrice, tout en maintenant la stabilité des marchés financiers et la confiance des investisseurs.